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Enregistrements

Enregistrements récents

Mertz, Johann Kaspar (1806-1856): Le Carneval de Venice Op. 6

 

Premiers enregistrements

TurinaSonata.mp3 (C’est ce même enregistrement qui peut être téléchargé à partir de la page d’accueil.) Enregistré le 24 nov. 1996 au Tabaret Hall, Université d’Ottawa.

Le dernier mouvement de la Sonate Op 61 par Joaquin Turina (1882-1949) révèle une forte influence de la guitare flamenco. Joaquin Turina était membre de l’école nationaliste espagnole qui mariait le style de composition classique et la musique populaire. L’amour de la musique de Turina a commencé dans sa petite enfance le jour qu’on lui a donné un accordéon. Il aura été un enfant prodige du piano et il a donné ses premiers concerts dès l’âge de 14 ans. En début de vingtaine il s’est installé à Paris pour étudier la composition avec Vincent d’Indy. C’est alors qu’il a rencontré de grands compositeurs qui l’ont beaucoup influencé, y compris Debussy et Ravel. Son amitié avec Albeniz et DeFalla, des compatriotes compositeurs qui vivaient également à Paris, l’a conduit à composer dans le style de l’école nationaliste espagnole à laquelle adhéraient ceux-ci.

Le nationalisme de Turina débordait le cadre musical pour colorer également ses opinions politiques. Pendant la Guerre civile espagnole il demeurait à Madrid et il a souffert de la répression des gauchistes républicains qui contrôlaient la ville. Suite à la chute de Madrid et la victoire de Franco sa situation a changé et le gouvernement franquiste lui a attribué d’importantes fonctions. Son association avec le gouvernement fasciste espagnol a fait en sorte que ses oeuvres n’ont pas reçues une reconnaissance à la hauteur de leur valeur musicale.

ScarlattiSonatasK32andK391.mp3 Enregistré le 1 fév. 1996 au Tabaret Hall, Université d’Ottawa.

Les Sonates K32 et K391 (L423 et L79 dans la classification Longo) par Domenico Scarlatti (1685-1757). Bien qu’Italien, Scarlatti a passé la plupart de sa vie active en Espagne et, comme Turina, a été grandement influencé par la musique de guitare espagnole, mais bien sûr bien avant l’époque de Turina. Scarlatti a écrit plus de 500 sonates pour le clavecin, y compris ces deux compositions qui ont été transcrites pour la guitare.

BachPreludeandFugueBWV998.mp3 Enregistré  : le 24 nov. 1996 au Tabaret Hall, Université d’Ottawa.

Johann Sebastien Bach (1685-1750) est né la même année que Scarlatti et Handel, mais il n’a rencontré ni l’un ni l’autre (Scarlatti et Handel par contre se sont rencontrés) malgré son ardent souhait de faire la connaissance de Handel. Son employeur lui avait une fois prêté un cheval pour aller rencontrer Handel lorsque celui-ci était dans la région, mais le contact n’a pu se faire pour des raisons inconnues. Handel était semble-t-il moins enthousiaste de faire la connaissance de Bach que le contraire. Bach était cependant un plus grand compositeur que Handel et Scarlatti et, à mon avis, le plus grand compositeur de tous les temps. Il n’a pas connu la célébrité à son époque cependant et après sa mort il a sombré dans l’oubli pendant environ un siècle, jusqu’à ce qu’on redécouvre sa musique. Bien qu’il ait occupé un poste prestigieux à Leipzig, la ville avec laquelle il est le plus étroitement associé et où il a travaillé pendant 27 ans, il faut savoir qu’il était le troisième choix pour obtenir cette place parmi les cinq candidats en liste. En fait, ont lui a offert la charge seulement après que les deux premiers candidats se soient désistés.

Bach est aussi reconnu pour avoir été le père de 20 enfants, suite à deux mariages cependant. Et, comme il n’était pas rare à l’époque, dix de ses enfants sont morts à la naissance ou dans la petite enfance et seulement six vécurent jusqu’à l’âge adulte. Plusieurs de ceux-ci sont également devenus des musiciens et des compositeurs célèbres, les plus connus étant Carl Phillip Emanuel, Wilhem Friedemann et Johann Christian. Apparemment, il n’y a pas de descendants directs de la lignée de J.S. Bach. La première femme de Bach est décédé subitement alors qu’il voyageait; à son retour il devait apprendre à sa stupeur la plus totale que non seulement sa femme était morte pendant son absence, mais que ses funérailles avaient déjà été célébrées. Sa seconde femme avait 17 ans de moins que lui et lui a donné 13 enfants. Les deux mariages ont été apparemment des plus heureux, mais sa seconde femme s’est brouillée avec les fils Bach après la mort de leur père et elle est morte dans la pauvreté dix ans plus tard.

L’enregistrement suivant comprend la Prélude et la Fugue de la pièce Prélude, Fugue et Allégro. Le manuscrit de cette œuvre indique qu’elle peut être jouée au luth ou au clavecin. Quinze ans plus tard je ne me rappelle plus pourquoi je n’ai pas enregistré l’Allégro puisque je jouais toute la pièce à l’époque. J’avais peut-être dépassé mon budget d’enregistrement alors nous devrons nous contenter de deux mouvements sur trois.

WaltonBagatelle1.mp3 Enregistré le 1 fév. 1996 au Tabaret Hall, Université d’Ottawa.

William Walton (1902 – 1983) est né à Oldham, Angleterre, où son père était organiste et directeur de chorale. Son talent de chanteur a été reconnu à un jeune âge, ce qui lui a valu une bourse pour étudier à Oxford en tant que chanteur dans la chorale pour garçon plutôt que d’avoir à fréquenter l’école publique à Oldham. Il a commencé à composer très jeune parce qu’il voulait demeurer à Oxford et craignait d’être renvoyé dans sa ville natale une fois que sa voix aurait muée, à moins de s’être distingué d’une autre manière. Le fait d’étudier à Oxford a permis à Walton de connaître des étudiants plus fortunés qui sont devenus par la suite ses mécènes. Walton a donc pu consacrer son temps à la composition puisqu’il pouvait presque toujours trouver un soutien financier auprès de ses amis ou de ses maîtresses dans l’aristocratie.

À l’âge de 19 ans Walton a connu la célébrité lorsque son œuvre Facade a été jouée pour la première fois. Cette œuvre a fait parler d’elle parce qu’elle consistait en poèmes lus dans un mégaphone accompagnées par la musique de Walton. Malgré cette association en début de carrière avec l’avant-garde, les critiques de l’époque ont souvent reproché à la musique de Walton de ne pas être suffisamment novatrice. Quoi qu’il en soit, Walton a été commissionné pour composer la musique pour le couronnement du roi George VI et la reine Élizabeth II. Pendant la Seconde Guerre mondiale il a composé de la musique pour les films de propagande britanniques. The Five Bagatelles (dont j’ai enregistré que la première) était la deuxième composition de Walton pour la guitare. Il avait auparavant composé un cycle de chansons pour le guitariste Julian Bream et le ténor Peter Pears. La satisfaction de Bream avec le cycle de chansons a fait en sorte qu’il a passé la commande pour les Bagatelles qui ont été achevées en 1971. Walton appréciait tellement les Cinq Bagatelles qu’il en a fait un arrangement pour orchestre, une des rares pièces du répertoire de la guitare à avoir reçu un tel honneur.

DowlandLachrimaePavan.mp3 Enregistré le 5 fév. 1997 Au Freiman Hall, Université d’Ottawa.

John Dowland (1563-1626) était également un compositeur anglais. Il est né une année avant Shakespeare, mais a vécu 10 ans de plus. On connaît peu de choses des premières années de sa vie, mais assez tard dans son adolescence il déménage en France pour travailler en tant que luthiste, et c’est alors qu’il s’est converti au catholicisme. Il a mis au compte de cette conversion d’avoir été empêché d’obtenir un bon poste en Angleterre. Bien que son catholicisme ait pu avoir joué un rôle effectivement, il faut aussi tenir compte de la personnalité même de Dowland. À titre d’exemple : il s’est permis d’écrire et de publier son œuvre Captain Digorie Piper’s Galliard and Piper’s Pavane alors même qu’il était à l’emploi du roi Danois dont les vaisseaux avaient justement été détruits par le célèbre pirate Digorie Piper. Toujours est-il que ses difficultés à obtenir un poste de prestige en Angleterre l’ont conduit à déménager en Allemagne et puis au Danemark, mais des problèmes financiers le contraignaient finalement à revenir en Angleterre. Peut-être que la mort de la reine Élizabeth I est-elle pour quelque chose dans sa décision de rentrer dans son pays puisque c’était pendant le règne de celle-ci qu’il avait été incapable de se faire accorder un poste à la cour. Enfin, en 1612, il reçoit le poste si longtemps convoité et il devient un des luthistes du roi Jacques 1.

Malgré tout son travail et ses ennuis financiers, Dowland était très célèbre comme compositeur et luthiste virtuose en Angleterre et en Europe. On peut lire dans un poème de l’époque qui aura été pendant longtemps, mais incorrectement, attribué à Shakespeare les vers suivants : « Dowland to thee is dear, whose heavenly touch upon the lute doth ravish human sense, » (Dowland vous est cher, lui dont le toucher céleste sur le luth ravit les sens des hommes). Il était l’auteur de ce qu’on pourrait appeler la chanson la plus populaire de la Renaissance, soit Flow My Tears. Il n’existe aucune preuve que Shakespeare et Dowland se soient rencontrés, mais Shakespeare fait une référence sarcastique à cette chanson dans Twelth Night. En effet, l’atmosphère et le texte mélancolique de cette chanson était très en vogue pendant cette période. Les paroles du premier couplet de la chanson sont: Flow, my tears, fall from your springs, Exiled forever, let me mourn, Where night’s black bird her sad infamy sings, There let me live forlorn.  » (Coulez mes larmes, coulez de vos sources, Exilé à jamais, laissez-moi pleurer, Là où l’oiseau noir de la nuit chante sa triste infamie, Là laissez-moi vivre tristement.) Dowland par la suite a fait une version instrumentale de cette chanson dont les arrangements apparaissent dans sa publication Lachrimae or Seaven Teares Figured in Seaven Passionate Pavans. Lachrimae signifie larmes en latin et le morceau suivant est un arrangement pour la guitare de la version pour luth solo de cette chanson.

MertzElegie.mp3 Enregistré  : le 1 fév. 1996 au Freiman Hall, Université d’Ottawa.

La nationalité de Johann Kaspar Mertz (1806 – 1856) est quelque peu difficile à déterminer. Il était d’ethnie allemande, cependant il est né à Bratislava, maintenant la capitale de la Slovaquie, mais à l’époque la capitale de la Hongrie. Il a vécu la majeure partie de sa vie adulte à Vienne, en Autriche. La pauvreté de sa famille a conduit Mertz, qui était un enfant prodige, à donné des leçons de guitare à l’âge de 12 ans pour aider les siens. Mertz a gagné sa vie en tant que professeur de guitare à Bratislava jusqu’à l’âge de 34 ans alors qu’il est allé vivre à Vienne. Ce déménagement et sa popularité sur la scène musicale viennoise ont fait beaucoup pour avancer sa carrière et il s’est alors produit un peu partout en Europe. Il a rencontré sa future épouse à un concert à Dresde, Joséphine Plantin, qui était une pianiste de concert et également une des artistes invitées à cet événement musical. Elle est d’ailleurs mieux connue pour avoir presque tué Mertz en lui administrant une surdose de médicament. Il n’est pas entièrement clair si l’erreur est la sienne ou celle du médecin, mais toujours est-il que Mertz a failli mourir. Bien qu’il ait vécu un dix ans de plus, les médecins, au moment de sa mort de la tuberculose, ont pensé que les conséquences de son empoisonnement ont pu favoriser l’éclosion de sa maladie et accentuer ses problèmes cardiaques. Sur la fin de sa vie Mertz avait soumis des œuvres à un concours de composition créé par un aficionado russe de la guitare qui voulait stimuler la composition musicale pour la guitare. Mertz a écrit trois de ces meilleures pièces pour cette compétition, mais il devait malheureusement mourir avant qu’on puisse l’informer qu’il avait remporté le premier prix. Mertz a été un des premiers compositeurs de guitare à écrire dans le style romantique de Schubert et de Schumann plutôt que dans le style classique plus conservateur. Le fait que sa femme ait été une pianiste de concert peut avoir influencé ce développement puisqu’il aura été constamment en contact avec la musique pour piano la plus novatrice. L’Élégie est une des pièces les plus connues de Mertz et pourtant on ne sait pas pour qui elle a été écrite.

 

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